25-06-2026
Déconsommation des fruits et légumes frais : enjeux et leviers
La déconsommation des fruits et légumes frais constitue un enjeu majeur pour les filières agroalimentaires françaises. En effet, malgré une image santé largement positive, les achats de fruits et légumes frais poursuivent leur recul depuis plusieurs années. Cette tendance interroge les acteurs de la chaîne alimentaire, ainsi que les experts de la qualité, de l’innovation et des usages alimentaires.
Une baisse structurelle et socialement marquée
Selon une analyse récente du Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), les volumes achetés par les ménages français ont diminué de manière significative sur la période 2014‑2024[1][2]. Les fruits enregistrent une baisse plus marquée que les légumes, et cette évolution reste socialement différenciée[1]. Les ménages de plus de 60 ans concentrent encore une part importante des achats, tandis que les jeunes adultes sans enfant demeurent sous-consommateurs.
Le prix joue un rôle, notamment pour les ménages modestes. Cependant, cette déconsommation ne s’explique pas uniquement par l’inflation. Les transformations des modes de vie pèsent fortement sur les comportements alimentaires, car les repas familiaux se raréfient et le temps consacré à la préparation culinaire diminue.
Des usages concurrencés par la praticité
Les fruits et légumes frais se trouvent désormais en concurrence directe avec des alternatives perçues comme plus pratiques. Les produits surgelés, les conserves et les plats préparés répondent mieux aux contraintes des petits ménages et aux attentes de rapidité. Ainsi, la préparation de produits bruts pour une ou deux personnes peut apparaître comme un effort disproportionné.
En conséquence, les experts du CTIFL estiment que, sans action ciblée, les volumes d’achat pourraient encore reculer à l’horizon 2035[1]. Cette perspective renforce la nécessité d’une mobilisation collective de la filière.
Quels leviers pour relancer la consommation ?
Plusieurs leviers d’action émergent des travaux analysés par le Centre d’études et de prospective. D’abord, l’adaptation des conditionnements aux petits foyers constitue un axe prioritaire. Ensuite, la valorisation de la fraîcheur, de la maturité et de la saveur des produits apparaît déterminante pour recréer du plaisir alimentaire. La communication et l’éducation au goût jouent par ailleurs un rôle clé.
Sources



