16-09-2026
PFAS et surfaces au contact des aliments : mieux comprendre les transferts
Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) suscitent une attention croissante dans le secteur agroalimentaire. Leur forte persistance dans l’environnement interroge les acteurs de la chaîne alimentaire. Une revue scientifique récente analyse les mécanismes de transfert des PFAS au niveau des interfaces avec les aliments.
Ce sujet présente un intérêt particulier pour ACTALIA. Deux collaborateurs d’ACTALIA, Piyush Kumar Jha et Aurélie Hanin, ont été à l’initiative de ce travail et ont co-écrit cette revue avec les professeurs Alain Le-Bail et de Brijesh K. Tiwari.
Les auteurs étudient les facteurs qui peuvent influencer le transfert de PFAS vers les aliments. Ils abordent également les enjeux liés au développement d’alternatives sans PFAS pour les applications de contact alimentaire.
Les surfaces au contact des aliments sous surveillance
Les PFAS regroupent une vaste famille de composés fluorés. L’industrie les utilise depuis plusieurs décennies pour leurs propriétés antiadhésives et leur résistance aux agents chimiques.
Selon les auteurs, les interfaces surfaces-aliments constituent une voie d’exposition potentielle. Cette voie peut s’ajouter aux contaminations environnementales déjà connues.
La revue cite plusieurs applications concernées. Elle mentionne certains emballages résistants aux graisses. Elle évoque aussi des revêtements fluorés et différents équipements de transformation alimentaire.
Parmi ces équipements figurent notamment les joints, les tuyaux, les membranes, les filtres et les convoyeurs.
Des transferts qui dépendent des conditions d’utilisation
La revue met en évidence un point essentiel : le transfert de PFAS vers les aliments ne dépend pas uniquement du matériau utilisé.
Plusieurs paramètres peuvent influencer le transfert :
- la nature du PFAS ;
- la température ;
- la durée du contact ;
- la composition de l’aliment ;
- les utilisations répétées ;
- les opérations de nettoyage et de désinfection.
Les auteurs recommandent donc d’évaluer les situations réelles d’utilisation. Une approche fondée uniquement sur le matériau apparaît insuffisante.
Comprendre le rôle des surfaces
La revue examine aussi les phénomènes liés à la chimie des surfaces. Ces mécanismes expliquent les propriétés antiadhésives recherchées dans certaines applications industrielles.
Les auteurs soulignent également l’importance de l’état des revêtements. Leur usure ou leur historique d’utilisation peuvent influencer les niveaux de transfert observés.
Vers des alternatives sans PFAS
Les évolutions réglementaires accélèrent la recherche de solutions alternatives. Les emballages et les équipements au contact des aliments sont particulièrement concernés.
Toutefois, les auteurs appellent à la prudence ; chaque alternative doit être évaluée au cas par cas.
Cette évaluation doit prendre en compte la sécurité sanitaire. Elle doit aussi vérifier les performances techniques et la durabilité de la solution proposée.
Une expertise utile aux industriels
Les conclusions de cette revue confirment l’intérêt d’une approche scientifique. Elles soulignent également le rôle de l’expertise dans l’évaluation des matériaux, des équipements et des stratégies de substitution.
En savoir plus sur les expertises ACTALIA dans ce domaine
Pôle Sécurité des aliments – Presentation – Actalia
Source
Jha P., Le-Bail A., Hanin A., Tiwari B.K. (2026). PFAS at the food-contact interface: transfer mechanisms, drivers, and alternatives, Food Chemistry. https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0308814626029900
Image : Unsplash



