07-01-2026 Attitudes de consommation | Environnement & Développement durable | Nutrition-Santé | Recherche et Développement
Flexitarisme : un concept flou
Le flexitarisme est souvent présenté comme une solution pragmatique pour réduire la consommation de viande. Il favorise également des régimes plus durables. Cependant, une revue récente [1] met en évidence des défis majeurs liés à ce concept. Ces défis apparaissent tant sur le plan scientifique que méthodologique.
D’abord, il n’existe aucune définition consensuelle du terme « flexitarien ». Certaines études le décrivent comme un végétarien occasionnel, tandis que d’autres l’assimilent à un omnivore qui réduit sa consommation de viande. Cette ambiguïté entraîne des opérationnalisations très variables, allant de simples intentions de réduction à des seuils précis de consommation.
En conséquence, les estimations de la prévalence des flexitariens varient fortement, de 11 % à plus de 70 % selon les études.
Cette hétérogénéité pose deux problèmes : elle gonfle artificiellement les indicateurs de transition alimentaire et elle remet en question la pertinence du flexitarisme comme catégorie analytique. De fait, les consommateurs identifiés comme flexitariens peuvent avoir des pratiques très différentes, allant d’une consommation quasi quotidienne de viande à des régimes proches du végétarisme.
Pour conclure, les auteurs suggèrent que la recherche devrait repenser l’usage du terme “flexitarien”. Plutôt que de catégoriser les individus, il serait plus pertinent d’étudier les patterns de consommation, les obstacles à la réduction de viande et les stratégies concrètes mises en œuvre par les consommateurs. Cette approche offrirait une vision plus fiable des dynamiques alimentaires et éviterait les biais liés à des définitions trop larges.
Source : [1] « Who do we talk about when we talk about flexitarians ? » Science Direct, Appetite, Volume 219, 2026. https://doi.org/10.1016/j.appet.2025.108410
Auteurs :
Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/.
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